
Taille de pierre, marbrerie, sculpture, ornementation
Maçonnerie traditionnelle, décors peints
Restauration de bâtiments anciens
LES 4 COURONNÉS E.U.R.L.
HISTOIRE ET RESTAURATION
DE LA MAISON FOUR
À PARENT (PUY-DE-DÔME)
Histoire de la «maison Four»
D’une maison de village qu’elle possédait à Parent, Madame Marguerite FOUR, née CORMIER (1876-1960), a transformé le bâtiment dans les années 1940 en lui accolant une « tour » de plan trapézoïdal et en modifiant la plupart des percements d’origine. On lui doit en particulier les deux fenêtres cintrées (dites fenêtres « therme »), qu’on voit souvent employées dans les constructions de style « art déco », les bassoirs et les linteaux moulés, le faux parement du rez-de-chaussée et, au premier étage en façade nord de la « tour », la croisée en pierre du gothique tardif, prélevée sur les ruines de l’abbaye cistercienne du Bouschet, et répliquée par moulage pour obtenir son pendant sur la rue. Enfin, elle dirigeait un atelier de passementerie, aujourd’hui disparu, qui occupait l’angle de la rue Jean Achard et de la rue du Chirot, et qui communiquait avec la maison (les anciennes portes de communication ont été murées).
La rue Jean Achard à Parent, avant modernisation par Marguerite FOUR de la maison de village indiquée par une flèche rouge.
D’autres cartes postales anciennes du village sont disponibles sur le site de la mairie de Parent :
Maison Four en 2021


Charpente et décoration des façades

Style art déco : formes géométriques et rythme décoratif
La charpente, la couverture et deux façades ont été restaurées en 2022. Le parti retenu fut de poursuivre l’œuvre de Madame FOUR en renforçant l’empreinte du style « art déco » qu’elle avait déjà imprimé à la maison villageoise d’origine. La réfection de la toiture donna l’occasion de munir le bâtiment d’un avant-toit prononcé, bordé par un lambrequin de bois et une planche de rive moulurée, et soutenu par des consoles en charpente. Le profil de ces dernières, rythmées chacune par cinq couples de bagues alternant avec des moulures convexes, modernise et adapte à l’art déco ces éléments de charpente, plus typiques de la fin du XIXe siècle que de l’Entre-deux-guerres. Leur emplacement induit la cadence décorative des deux façades : le rythme des colonnes sur la rue Jean Achard, la disposition et la forme des médaillons sur la rue du Chirot.
Chacune des deux façades illustre un chant liturgique, lui-même inscrit et inséré dans la décoration : le Rorate celi rue du Chirot, le Vidi aquam rue Jean Achard. Le premier se rapporte à l’Avent et à Noël, le second à Pâques et au temps pascal.
Façade du Rorate celi
Dans deux cartouches en forme de gouttes étirées est inscrit le texte illustré rue du Chirot, cantique chanté durant l’Avent, c’est-à-dire le temps liturgique qui occupe les quatre semaines précédant la fête de Noël :
Rorate celi desuper / et nubes pluant Justum
traduction : « Cieux, laissez tomber de l’eau / et que les nuages fassent pleuvoir le Juste ».

Le serpent tentateur scrute le monde désolé par le péché :

Le Messie espéré : l’Enfant dans la crèche, entre l’âne et le bœuf
comme les feuilles de l'arbre emportées par le vent,
tous sont tombés, fauchés par leurs iniquités,
et le peuple accablé appelle la venue du Messie
Entre ces deux inscriptions est représenté le monde avant la grâce, désert asséché que scrute le serpent tentateur du péché originel. Les nuages et la pluie réclamés dans le Rorate celi apparaissent dans les deux médaillons en surplomb ; mais c’est la frise coiffant le pignon qui illustre le « Juste » dont on attend qu’il descende comme une pluie bienfaisante sur la terre, à savoir Dieu incarné dans le Christ. La fenêtre de gauche et l’oriel la scindent en trois groupes de médaillons à lire de gauche à droite. À gauche, l’Annonciation avec l’archange Gabriel, la Vierge Marie et la colombe du Saint-Esprit ; au centre, la quête des trois mages qui suivent l’étoile de la Nativité irradiant au faîte du pignon ; à droite, en surplomb du monde avant la grâce, reposant entre l’âne et le bœuf, l’enfant Jésus dans la crèche de Bethléem.

Façade du Vidi aquam
Inscrit en bordure des arcs des deux fenêtres cintrées du dernier étage, le chant illustré par la façade de la rue Jean Achard est entonné pendant tout le temps pascal (de Pâques à la Pentecôte) pour le rite de l’aspersion :
Vidi aquam egredientem
de templo a latere dextro, alleluia
Et omnes ad quos pervenit aqua ista
salvi facti sunt, alleluia, alleluia
traduction : « J’ai vu l’eau sortir du temple du côté droit, alleluia / Et tous ceux à qui cette eau est parvenue ont été sauvés, alleluia, alleluia ».
Ici aussi, la façade se lit de gauche à droite, rythmée par quatre colonnes. À gauche, le Christ crucifié, coiffé de la couronne d’épines : de son côté droit, percé par la lance du soldat romain, s’échappent le sang et l’eau (Passion selon s. Jean), dont les flots continuent à descendre à l’étage inférieur. Au-dessus de lui, l’éclipse « impossible » du vendredi saint, quand les ténèbres se firent sur la terre de la sixième à la neuvième heure (de midi à trois heures) d’après l’évangile selon s. Matthieu. Impossible, car la passion du Christ coïncida avec la Pâque juive, c’est-à-dire le 14e jour du mois de Nisan (mois lunaire du calendrier juif, dont le 14e jour correspond donc avec la pleine lune, lorsque celle-ci se trouve dans une région du ciel opposée à celle du soleil). Les constellations du Poisson et du Bélier, marquées en points clairs sur la voûte céleste qui surplombe la scène, rappellent que, le soleil étant déjà entré dans le Bélier, il s’agissait de la première pleine lune de printemps, à partir de laquelle la date de Pâques est toujours calculée aujourd’hui.
Les fontaines de vie :
de l’eau et du sang sortis du côté du Christ
jaillit le salut du genre humain

La Passion
Des flots sortis du côté droit du Crucifié jaillissent deux fontaines distribuant aux hommes l’eau du salut, dont la source est la passion et la résurrection du Christ. Elles symbolisent également les sacrements de l’Église, par lesquels ce salut est offert au genre humain : l’eucharistie, avec le médaillon de l’Agneau pascal (au centre), et le baptême, avec les flammes rouges de la colombe du Saint-Esprit descendant sur les fonts baptismaux (à droite). La façade elle-même, avec ses quatre colonnes, figure le nouveau temple, à savoir le Christ en personne, qui « rebâtit le temple en trois jours » par sa passion et sa résurrection (Passion selon s. Matthieu).
Couleurs et symboles
